La mortalité des patients ou leur possible réadmission l’hôpital varient elles en fonction de l’activité des établissements hospitaliers où ils ont été soignés ? Pour la première fois en France, une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES : Institut de recherche et documentation en économie de la santé) s’est penchée sur le lien entre volume d’activité et qualité des soins, un sujet qui continue de faire « controverse».
Rendus publics début janvier, ces travaux ont permis d’analyser« huit types de prises en charge hospitalières » au cours de l’année 2006. Il s’agit notamment d’interventions chirurgicales complexes, comme la chirurgie du cancer du côlon, le pontage aorto-coronarien ou l’ablation du pancréas. L’étude porte aussi sur des opérations plus courantes : prothèse totale de la hanche, appendicectomie et pose de stent, un fin cathéter avec un ballonnet qui, une fois gonflé, permet de dilater l’artère. L’infarctus aigu du myocarde et l’accident vasculaire cérébral (AVC) ont également été étudiés. Les principales conclusions font apparaître qu’« en deçà d’un certain niveau, le volume d’activité influence nettement »la probabilité de décès ou de réadmission non programmée dans les 30 jours suivant l’opération.
Pour autant, la qualité ne va pas toujours de pair avec l’accroissement du volume d’activité. Pour l’IRDES, on note « peu de bénéfice à concentrer l’activité au-delà d’un certain point »car il n’y a alors « quasiment plus de corrélation entre volume et résultats des soins ».L’hypothèse d’une hausse constante de la qualité et de l’activité« semble irréaliste ». Cette notion doit être prise en compte dans « les réformes mises en œuvre ».
Forte activité, gage de qualité en cas d’intervention lourde
Ainsi, un établissement qui pratique un acte moins souvent qu’un autre hôpital peut « tout de même avoir de bons résultats en se spécialisant » précisément sur cet acte et si ce dernier « constitue une part importante » de son activité. Le degré de spécialisation de l’établissement et le poids de la chirurgie dans l’activité médecine, chirurgie ou obstétrique (MCO) peut avoir un « effet bénéfique » tout comme le volume d’activité d’un médecin, précise l’IRDES. En effet, « la qualité de soins s’améliore avec l’expérience accumulée». Ce constat « semble plus significatif dans le cadre de protocoles plus complexes ». Comme le montre cette étude, « l’intensité de la relation entre volume et résultats » de qualité varie en fonction du « niveau de technicité de l’intervention » mais aussi selon le type de soins.
Cette relation est ainsi « plus marquée » pour les « interventions lourdes, comme la chirurgie cancérologique, et plus modérée pour les interventions relativement courantes que sont l’appendicectomie ou la pose de stent ». Pour « affiner la connaissance du lien volume-qualité » et « mieux adapter les réponses », l’IRDES recommande notamment « d’améliorer les indicateurs de résultats employés, ainsi que le contrôle de la gravité clinique des cas pris en charge dans les différents établissements ». L’IRDES ne considère que le volume d’activité « reflète des différences dans la gestion, l’organisation et l’exécution des soins sur lesquels les informations sont insuffisantes ». Cet institut est donc également favorable à « un enrichissement des connaissances dans cette direction ».
Source : Paula Ferreira (Afim, janvier 2010)
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