Mieux
comprendre les remboursements hospitaliers![]() |
En France, lorsque nous devons
subir une opération, nous pouvons choisir librement entre
un hôpital public et une clinique privée à but lucratif ou
non lucratif, comme les cliniques mutualistes. Le coût d’une
hospitalisation varie beaucoup selon le praticien (anesthésiste,
chirurgien…). En revanche, les remboursements de l’assurance
maladie sont toujours identiques. Mieux vaut se renseigner… Les frais liés à une hospitalisation peuvent se diviser en cinq postes : le prix de journée, les honoraires de chirurgie et d’anesthésie, le forfait hospitalier journalier, la chambre particulière et les actes divers (analyses, soins infirmiers…) |
Quel que soit l’établissement choisi, l’assurance
maladie ne prend en charge qu'une partie des frais d'hospitalisation
: les honoraires et le prix de la journée. Les honoraires
de chirurgie et d'anesthésie sont remboursés à
hauteur de 80 % par le régime obligatoire et les 20 % restants
sont à la charge du patient. Le "prix de la
journée", défini chaque année
par arrêté préfectoral, est directement lié
au plateau technique et aux services rendus par l'établissement
concerné ; il permet de rémunérer son degré
de technicité. Il est fixé sous la forme d'un forfait
par jour, remboursé à hauteur de 80 % par le régimé
obligatoire. Le malade doit également payer les 20 % restants,
à moins qu’il ne soit couvert par une complémentaire
santé.
Le régime obligatoire peut prendre en charge certains soins
pré ou post-opératoires comme une consultation d’anesthésiste
(à 70 %) ou des séances de rééducation
(à 60 %).
A l’hôpital, comme chez soi, on dort et on prend ses
repas. Des personnes assurent la propreté des lieux. Ces
frais, relatifs à l’hébergement, sont facturés
au patient pour tout séjour supérieur à 24
heures : c’est le « forfait hospitalier journalier
» à ne pas confondre avec le « prix de journée
». En 2007, son montant est fixé uniformément
à 16 € en hôpital ou en clinique et à
12 € dans le service psychiatrique d’un établissement
de santé. L’assurance maladie ne prend pas en charge
le supplément pour hébergement en chambre particulière,
même lorsque le patient est couvert à 100 %, sauf lorsqu'il
s'agit d'une nécessité médicale directement
liée à sa pathologie. Les frais de téléphone
et de location de télévision ne sont pas remboursés.
Certains établissements prévoient la possibilité
d’héberger un proche. Ces « frais d’accompagnant
» facturés par l’hôpital ou la clinique,
ne sont pas pris en compte par l’assurance maladie.
Les complémentaires santé peuvent rembourser le forfait
hospitalier journalier, les suppléments pour chambre particulière
ou les frais d’accompagnant. Il existe aussi des contrats
qui peuvent compléter ces remboursements. Appelés
"garanties
hospitalières", leurs montants de cotisation
sont peu élevés et ils permettent de percevoir, en
cas d’hospitalisation, une somme définie au moment
de la signature du contrat. Ces versements constituent uncomplément
appréciable pour tous les frais supplémentaires.
Les chirurgiens appartiennent majoritairement (81,1 %)
au secteur 2 autorisé à pratiquer des dépassements
d’honoraires. Médecins et chirurgiens de secteur 2
exerçant en clinique privée en fixent donc librement
le montant. Cependant, le patient n’est remboursé que
sur la base tarifaire conventionnelle de l’assurance maladie.
S’il est couvert par une complémentaire santé,
dans le cadre du parcours de soins coordonnés, les dépassements
d’honoraires peuvent être partiellement pris en charge
selon sa garantie.
Médecins et chirurgiens exerçant à l’hôpital
sont salariés et, dans ce cadre, appliquent les tarifs conventionnels.
Cependant, il existe un secteur privé, de plus en plus étendu,
au sein de l’hôpital public. Si le praticien opère
dans le cadre de son activité privée et qu’il
exerce en secteur 2, il peut lui aussi facturer un dépassement
d’honoraires.
Avant une opération, il devient indispensable de
se renseigner sur les tarifs du chirurgien. Selon la loi,
les médecins de secteur 2 doivent « donner préalablement
toutes les informations sur les honoraires qu’ils comptent
pratiquer ». Le patient peut ensuite interroger sa complémentaire
santé pour savoir ce qu’elle prendra en charge. Le
médecin traitant peut aussi indiquer les hôpitaux ou
cliniques à but non lucratif qui n’appliquent pas ou
limitent les dépassements.