Les
dépassements d'honoraires![]() |
Le
23 avril 2007, l’Inspection générale des
affaires sociales, l’IGAS, publiait un rapport très
complet sur la dérive des dépassements d’honoraires
: ils auraient doublé en secteur 2 entre 1990 et 2004,
notamment chez les médecins spécialistes. Retour
sur une pratique qui génère des inégalités
d’accès aux soins, tant le reste à charge
peut être important. |
Les médecins
non conventionnés pratiquent des honoraires libres et non
remboursables. Ces cas particuliers mis à part, chaque professionnel
de santé choisit librement le secteur conventionnel dans
lequel il exerce.
Les praticiens de secteur 1 sont dans l’obligation
d’appliquer les tarifs de convention de l’assurance
maladie. Leurs patients, dès lors qu’ils respectent
le parcours de soins coordonnés, sont totalement remboursés
par leur régime obligatoire et leur complémentaire
santé, hormis le forfait instauré par la réforme
du 13 août 2004, qui s’élève actuellement
à 1 €.
En revanche, installé en secteur 2, le professionnel
de santé peut appliquer les honoraires qu’il souhaite,
donc dépasser les tarifs conventionnels. Cette pratique est
légale, il ne s’agit pas de « dessous de table
» comme on l’entend dire parfois ! En revanche, le
médecin est censé pratiquer ces dépassements
« avec tact et mesure », en considérant
la situation de son patient. Or, entre 1990 et 2005, le taux de
dépassement d’honoraires des spécialistes de
secteur 2 est passé de 25 % à 45 %. Même les
bénéficiaires de la CMU subissent cette pratique et
de nombreuses personnes renoncent à des soins faute de pouvoir
régler ces surcoûts.
« Votre mutuelle vous remboursera ! » entendent trop
souvent les patients. Pourtant, selon les garanties souscrites et
les soins concernés, le remboursement des dépassements
peut varier considérablement. Par exemple, une garantie qui
rembourse les consultations médicales à 100 % du tarif
sécurité sociale – et c’est le cas le
plus souvent – ne prend en charge aucun dépassement
d’honoraires. Entre en jeu également le respect du
parcours de soins coordonnés. Si les consultations, soins
et médicaments n’ont pas été prescrits
par le médecin traitant, une somme forfaitaire sur les dépassements
d’honoraires restera obligatoirement à la charge du
malade, même si sa mutuelle complémentaire santé
prévoit un remboursement à 140 %.
Un médecin
traitant envoie son patient chez un spécialiste pour un avis
ponctuel. Nous sommes dans le cadre du parcours de soins coordonnés
et notre patient est couvert par une garantie responsable qui rembourse
à 100 %** les consultations médicales.
Le spécialiste choisi exerce en secteur 1, ses honoraires
sont donc égaux au tarif sécurité sociale soit
44 €. Celle-ci remboursera 70 % de 44 € - 1 € forfaitaire
soit 29,80 €.
La complémentaire santé remboursera les 30 % restant
soit 13,20 €. Il ne reste que le forfait de 1 € à
la charge du patient.
Si le spécialiste exerce en secteur 2 (honoraires libres)
et prend 25 % de dépassement ; le patient débourse
55 €.
Les remboursements régime obligatoire et complémentaire
santé restent basés sur le tarif sécu de 44
€, donc identiques : 29,80 € + 13,20 €.
Reste à charge pour le patient : 12 € (1 € forfaitaire
+ 11 € de dépassement).
Supposons que, dans la même situation et dans le respect du
parcours de soins, sa garantie complémentaire santé
couvre les consultations à 125 % (c'est le cas de notre garantie
Net
Essentielle). Sur 55 € d’honoraires, la
sécurité sociale rembourse toujours 70 % de 44 €
- 1 € (29,80 €), la mutuelle complète à
hauteur de 55 % de 44 € (24,20€), soit jusqu’à
54 € ; reste à charge pour le patient : uniquement le
forfait de 1 € .
Hors parcours de soins, le régime obligatoire baisse de 20
points*** ses remboursements (passant de 70 % à 50 %) et
les contrats responsables des complémentaires santé
n’ont pas le droit de rembourser cette différence,
ni les 8 premiers euros de dépassement chez le spécialiste.
Bien s’informer permet d’éviter les mauvaises surprises. Les professionnels de santé doivent afficher le secteur dans lequel ils exercent. Pour des soins particuliers, en optique, dentaire, chirurgie, etc., il est conseillé de demander un devis. Le patient peut vérifier auprès de sa complémentaire santé combien il sera remboursé.
Pour aller plus loin :
- Pour connaître le secteur dans lequel exerce un médecin,
vous pouvez consulter le site web de l’assurance maladie :
www.ameli.fr,
choisissez la rubrique «assurés», cliquez sur
«annuaires» puis «annuaire des professionnels
de santé».
- Mieux comprendre les différentes catégories de praticiens (secteur 1, secteur 2..)
* Un secteur
intermédiaire, le « secteur optionnel », permettant
des dépassements encadrés d’honoraires et touchant
en premier lieu la chirurgie devrait être instauré.
** du tarif de convention de l’assurance maladie (dit aussi
: « tarif sécu », « tarif conventionnel
» ou « tarif de responsabilité »)
*** décret paru au Journal officiel du 1er septembre 2007,
la baisse n'était que de 10 points auparavant. (voir
notre article à ce sujet )
Source : Mutuel santé