Mieux comprendre le prix des médicaments

Qui décide du prix des médicaments ? Sur quels critères et comment sont-ils remboursés ? Repères.

Dans notre pays, tout médicament fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché avant de pouvoir être commercialisé. Son prix dépend directement de son caractère remboursable ou non. Encadré et fixé par les pouvoirs publics lorsque la spécialité est délivrée sur ordonnance et remboursable, il est libre pour le médicament non remboursable ou acheté en automédication. Lorsque le principe actif d’un médicament tombe dans le domaine public (brevet de 20 ans), tous les laboratoires ont le droit de le fabriquer sous forme « générique ». Même molécule, mêmes effets, le générique est généralement vendu 30 % moins cher que le médicament de marque et influence, à terme, les prix à la baisse.

Service médical rendu et remboursement

Le taux de prise en charge d’un médicament remboursable par l’assurance maladie dépend du service médical rendu (SMR), évalué par la Haute autorité de santé selon trois critères : efficacité, gravité de la pathologie concernée et intérêt pour la santé publique. Les médicaments à SMR modéré ou faible sont remboursés à 35 % et affichent une vignette bleue. Lorsque le SMR est important ou majeur, le remboursement passe à 65 % (vignette blanche). Enfin, quelques spécialités irremplaçables, très coûteuses ou destinées au soin de maladies de longue durée sont prises en charge à 100 %.
Un taux de 15 % (vignette orange) a été créé en janvier 2007 pour des médicaments remboursés depuis de nombreuses années mais présentant un SMR insuffisant. Ce taux existe toujours mais son utilisation fut heureusement transitoire, avant déremboursement total des médicaments concernés en 2008. En effet, comment accepter que des médicaments sans réel intérêt thérapeutique soient pris en charge ?

Cette année, les pouvoirs publics ont choisi d’autoriser en officine la vente en libre service de 200 médicaments délivrables sans ordonnance. Ils espèrent que leur prix baissera par le jeu de la concurrence. Un pari difficile quand on sait, par exemple, qu’entre 2000 et 2007 le prix public des médicaments déremboursés a augmenté de 25 %. Au-delà du prix, la France doit essayer de mieux gérer sa consommation pharmaceutique. Avec un état de santé tout à fait comparable, elle se caractérise en effet par un niveau de prescription et de consommation de médicaments supérieur à celui de tous ses voisins européens. Alors, contre le lobbying des laboratoires, les réflexes de prescription des médecins, l’absence de source d’information objective et, parfois, la pression des patients eux-mêmes, trouvera-t-on les remèdes ?

Source : eovi mag ( février 2009 )

 

 

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