Grossesse
: un bébé sur 500 victime de l'alcool à la
naissance
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"Zéro
alcool pendant la grossesse". C'est le message
diffusé depuis le 2 octobre sur chaque bouteille d'alcool
afin de prévenir les femmes enceintes des risques encourus
par leur bébé. La Dre Stéphanie Chaplot,
gynécologue obstétricienne et tabacologue à
la Maison de la naissance de la clinique mutualiste Jules-Verne,
à Nantes, accompagne les femmes en difficulté
avec l'alcool. Témoignage. |
Depuis le 2 octobre, toutes les boissons alcoolisées doivent
comporter un pictogramme sur les dangers de l’alcool au cours
de la grossesse. Quels sont précisément les risques
pour le bébé ?
Dre Stéphanie Chaplot – En France, à sa naissance,
un enfant sur 500 est atteint du syndrome d’alcoolisation
fœtale complet (Saf). C’est la première cause
de retard mental non génétique de l’enfant.
Cette pathologie se traduit par un ensemble d’anomalies aux
plans physique et neurologique, et au niveau du développement
et du comportement. La forme la moins grave de ce syndrome concerne
un enfant sur 100. Elle présente des symptômes identiques
mais de manière incomplète. Les professionnels évoquent
un "effet de l’alcool sur le fœtus".
A partir de quelle quantité d’alcool ingéré,
l’enfant est-il en danger ?
S. C. - La perception des quantités ingérées
est très variable selon les personnes. Que signifie "boire
peu" ? Cette question apporte des réponses très
diverses. Pour certains, c’est un verre par jour, pour d’autres,
cela représente un verre par mois ! C’est pourquoi
la recommandation "Zéro alcool pendant la grossesse"
a le mérite d’être claire ! J’y adhère
totalement d’autant plus que l’on ne connaît pas
avec exactitude le seuil à partir duquel le risque existe.
Il est, en revanche, certain qu’à partir d’une
consommation régulière de deux verres par jour, l’enfant
sera atteint du syndrome d’alcoolisation fœtale. Des
consommations aiguës et répétitives entraînent
les mêmes conséquences. Il faut aussi savoir que des
parents qui boivent de l’alcool sensibilisent leur enfant.
Il aura plus de risque, à l’âge adulte, d’entrer
dans une consommation nocive d’alcool, ou même d’être
dépendant à d’autres produits comme le tabac
ou le cannabis.
Comment repérez-vous les femmes en difficulté avec
l’alcool et quel accompagnement leur proposez-vous ?
S. C. - Au cours des consultations prénatales, nous leur
posons clairement la question de leur consommation. Parfois, des
cas sont signalés après une hospitalisation à
la clinique Jules Verne. Il y a quelques mois, une jeune femme a
été hospitalisée pour éthylisme. Elle
était enceinte de quatre mois. Je n’ai pas pu lui parler
car elle est sortie très rapidement après un séjour
d’une nuit. Nous avons ensuite tenté d’entrer
en contact avec elle, sans succès.
Trois mois plus tard, elle est revenue et j’ai pu la rencontrer
en consultation. Elle m’a fait confiance et nous avons abordé
le thème de sa consommation de tabac et d’alcool, principalement
de la bière. Après notre dialogue, nous avons convenu
qu’une hospitalisation serait appropriée. Ce séjour
lui a permis de diminuer puis de stopper complètement sa
consommation, et de bénéficier d’une alimentation
équilibrée.
Milène Leroy
Depuis le 2 octobre, les bouteilles - et autres conditionnements - contenant de l'alcool doivent afficher un avertissement afin de prévenir les femmes enceintes des risques encourus par leur bébé. Ce message prend la forme d'un pictogramme qui représente une femme enceinte qui porte un verre à ses lèvres. Barré d'un trait rouge, ce dessin comporte également le slogan "Zéro alcool pendant la grossesse". Il peut également comporter la phrase : "La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant". Ces éléments doivent être bien visibles, à côté du volume d'alcool.