Antibiotiques
: recul de la consommation de -23,4% en cinq ans![]() |
La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a présenté le 10 janvier un nouveau bilan de son programme antibiotiques. Depuis 2002, la consommation de ces produits a diminué de 23,4%. Au total, 27 millions de traitements inutiles ont été évités, en particulier chez les enfants, ce qui représente une économie de 850 millions d’euros. Notre pays reste toutefois à la 2ème place de la consommation d’antibiotiques en Europe. |
Le bon usage
des antibiotiques gagne du terrain. La consommation de ces médicaments
a en effet baissé de 23,4% depuis 2002, s’est félicitée
le 10 janvier la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam)
lors d’un nouveau bilan de son «programme antibiotiques».
Ce résultat est «proche» de l’objectif
initialement fixé pour 2008 à -25%. En cinq ans, la
diminution moyenne annuelle atteint -4,5%, ce qui «équivaut
à près de 27 millions de traitements» inutiles
en moins.
Depuis le lancement de ce programme en 2002, porté par le
slogan «Les antibiotiques, c’est pas automatique»,
«environ 850 millions d’euros» de dépenses
ont ainsi été évitées. «Le recul
se poursuit dans la durée, et mieux encore, il s’accélère
depuis 4 ans», ajoute la Cnam. Lors de l’hiver 2006-2007,
les prescriptions ont baissé de «-6,3% contre -4,6%
l’hiver précédent».
Pour les seuls enfants, très fortement touchés par
une consommation excessive, le recul enregistré est «supérieur
à
-34%, soit 6,4 millions de traitements évités depuis
2002». Les bébés de 0 à 2 ans prennent
désormais «près d’un traitement antibiotique
de moins qu’en 2002 par hiver». A noter que la vaccination
antipneumococcique a certainement contribué à réduire
le nombre d’infections.
Autre bonne nouvelle : l’utilisation des pénicillines, antibiotiques fréquemment utilisés dans le traitement des angines bactériennes à streptocoque et certaines infections dues aux pneumocoques comme les pneumonies, les méningites et les otites, a chuté de 25% entre 2002 et 2007.
Du point de vue géographique, l’amélioration est notable sur l’ensemble du pays avec une moyenne de 5,1 prescriptions pour 10 habitants, au lieu de 6,7 en 2002. Mais des disparités persistent. Ainsi, le Nord-Pas-de-Calais est la seule région qui «se situe dans une moyenne de 6 prescriptions ou plus», bien que la consommation d’antibiotiques ait reculé de 29,2% depuis 2002. La Haute-Normandie et la Champagne-Ardenne peuvent aussi se targuer d’une diminution équivalente.
En dépit de ces résultats satisfaisants, la France demeure «le 2ème pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe, juste derrière la Grèce», déplore l’assurance maladie. L’utilisation de ces médicaments pour des infections virales n’est donc pas encore complètement éradiquée !
Conséquence : la France compte aussi parmi les pays européens fortement touchés par les résistances bactériennes aux antibiotiques. Le taux de résistance du pneumocoque à la pénicilline atteignait, par exemple, 36% en 2006, c’est-à-dire «l’un des plus élevés d’Europe avec celui observé en Roumanie». La bataille n’est donc pas encore gagnée : «Si l’usage des pénicillines […] reste dans l’avenir équivalent à celui d’aujourd’hui, la proportion de méningocoques résistants à ces antibiotiques augmentera significativement», prévient la Cnam.
Source : Agence fédérale d’information mutualiste
Pour aller plus loin :
Site Internet de l’assurance maladie : http://www.antibiotiquespasautomatique.com